L’enfance de Hazrat Khalifatul Masih II (ra)

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Ahmad, Mahmoud et Khâqân :
— Assalâmou Alaikoum, grand-mère ! Que faites-vous ?

Grand-mère :
— J’arrose les plantes. C’est bien que vous soyez arrivés. Maintenant, vous allez les arroser pendant que je taille les branches et que je m’occupe d’elles.

Khâqân :
— Grand-mère, les plantes ne répondent pourtant pas ! Comment pouvez-vous prendre de leurs nouvelles ?

Grand-mère :
— C’est vrai qu’elles ne peuvent pas parler comme les humains. Mais lorsque vous prenez soin d’elles, que vous leur donnez de l’eau et de l’engrais au bon moment, elles s’épanouissent. Leur verdure et leur fraîcheur sont leur manière d’exprimer combien elles sont heureuses de l’attention de leur jardinier.

Dites-moi plutôt : je vous avais donné un poème sur Hazrat Musleh Maoud (ra). L’avez-vous appris ?

Ahmad :
— Oui, grand-mère ! J’aime beaucoup ce poème et je l’ai appris entièrement.

Mahmoud :
— Moi aussi, j’en ai appris une bonne partie.

Khâqân :
— Et moi également !

Grand-mère, en se lavant les mains :
— Très bien ! Venez vous asseoir et récitez-le-moi.

Les enfants récitent le poème. Puis Khâqân dit :

— Aujourd’hui, vous allez nous raconter des histoires de l’enfance de Hazrat Musleh Maoud (ra), n’est-ce pas ?

Grand-mère :
— Oui, bien sûr.

L’enfance de Hazrat Musleh Maoud (ra) fut vraiment remarquable. Ses parents accordaient une attention particulière à l’éducation de tous leurs enfants, et tout spécialement à la sienne.

Je me souviens d’un très beau récit raconté par Hazrat Maulvi Abdul Karim Sahib (ra). Une fois, pendant l’été, le Messie Promis (as) séjournait à Ludhiana. Hazrat Musleh Maoud (ra) était alors un tout petit enfant, âgé d’environ trois ans.

Au milieu de la nuit, Maulvi Abdul Karim Sahib (ra) se réveilla et vit le Messie Promis (as) portant son fils dans ses bras et marchant de long en large. Le petit Mahmoud pleurait pour une raison quelconque et son père essayait patiemment de le calmer.

À un moment, le Messie Promis (as) lui montra une étoile dans le ciel et dit :

— Regarde, Mahmoud ! Comme cette étoile est belle !

Le petit regarda l’étoile, se calma un instant puis recommença à pleurer en disant :

— Abba, étoile aller !
(c’est-à-dire : « Papa, je veux aller sur l’étoile ! »)

Finalement, lorsqu’il fut fatigué, il s’endormit. Pendant tout ce temps, pas un seul mot d’impatience ou de reproche ne sortit de la bouche du Messie Promis (as).

Voilà l’exemple que donnaient ses parents : même lorsqu’un enfant faisait un caprice, ils ne recouraient ni à la colère ni aux réprimandes.

Gudiya :
— Lors de la Journée du Musleh Maoud, notre secrétaire nous a raconté qu’il avait étudié auprès de Hazrat Khalifatul Masih I (ra). Comme celui-ci était aussi médecin, il savait que sa santé ne lui permettait pas de fixer longtemps les livres. Alors il le faisait asseoir près de lui et lui disait :

« Mon garçon, je vais lire et toi tu écouteras. »

Grand-mère :
— Très bien, tu t’en souviens parfaitement !

À propos de ses études, il y a aussi un très beau récit. Hazrat Musleh Maoud (ra) racontait qu’un jour son maître, Faqirullah Sahib, se plaignit au Messie Promis (as) :

— Il n’étudie pas ! Parfois il vient à l’école et parfois non.

Hazrat Musleh Maoud (ra) se souvient :

« Lorsque le maître fit cette plainte, je me cachai de peur, car je pensais que le Messie Promis (as) allait se fâcher contre moi. Mais lorsqu’il entendit cela, il répondit :

“Je vous suis très reconnaissant de vous soucier de cet enfant. En réalité, je suis même heureux d’apprendre qu’il va parfois à l’école, car à mes yeux sa santé n’est pas suffisamment bonne pour lui permettre d’étudier davantage.” »

Mahmoud :
— Cela veut-il dire qu’il n’était pas bon à l’école ?

Grand-mère :
— Aux yeux du monde, certains auraient pu le penser. Mais Allah avait accordé au Messie Promis (as) des révélations particulières à son sujet. L’une d’elles annonçait qu’il serait doté d’une intelligence exceptionnelle et qu’il serait rempli de connaissances apparentes et spirituelles.

Je me rappelle aussi un autre récit.

Après avoir prononcé un discours lors de la Jalsa Salana, le Messie Promis (as) rentra à la maison et demanda à Mirza Bashiruddin Mahmoud Ahmad, qui avait alors une dizaine d’années, ce qu’il avait retenu du discours.

Le jeune garçon répéta le contenu selon sa compréhension et sa mémoire. Le Messie Promis (as) en fut très heureux et dit :

— Tu l’as très bien retenu !

Khâqân :
— Cela veut dire qu’il avait une excellente mémoire ! Faisait-il aussi des bêtises ?

Grand-mère :
— Oui, comme tous les enfants.

Un jour, lorsqu’il était petit, il mit accidentellement le feu à un manuscrit très important du Messie Promis (as) avec une allumette. Le manuscrit fut complètement réduit en cendres.

Lorsque le Messie Promis (as) apprit ce qui s’était passé, il sourit simplement et dit :

— C’est très bien ainsi. Allah doit avoir une grande sagesse derrière cela. Peut-être veut-Il maintenant nous faire comprendre un sujet encore meilleur.

Malgré toutes ces bêtises, ses parents ne le réprimandaient pas durement. Cependant, lorsqu’il s’agissait de morale et d’éducation, ils ne faisaient aucune concession.

Une fois, Hazrat Mirza Bashir Ahmad (ra) mentionna simplement le nom de Mirza Nizamuddin Sahib. Le Messie Promis (as) le reprit aussitôt :

— Mon garçon, c’est tout de même ton oncle. On ne mentionne pas ainsi le nom de ses aînés.

Mahmoud :
— Exactement ! Hier encore, notre Nazim Atfal nous a expliqué qu’il faut ajouter « Sahib » lorsqu’on parle des personnes plus âgées.

Grand-mère :
— Tout à fait.

Une autre fois, alors qu’il avait douze ou treize ans, Hazrat Musleh Maoud (ra) se tenait appuyé avec le coude sur l’épaule d’un autre garçon. Un Compagnon lui fit remarquer que ce comportement n’était pas convenable.

Plus tard, Hazrat Musleh Maoud (ra) racontait :

« Chaque fois que cette scène me revient à l’esprit, je prie sincèrement pour cette personne. »

Il y a également un autre récit à ce sujet.

Hazrat Musleh Maoud (ra) expliquait :

« Notre mère était originaire de Delhi. À Delhi, et même à Lucknow, on utilise souvent le pronom familier “tum”. Bien sûr, on emploie des formes respectueuses pour les aînés, mais comme aucun des anciens de notre famille ne vivait avec nous, nous n’avions pas appris à utiliser systématiquement ces formes de respect.

Ainsi, jusqu’à l’âge de dix ou onze ans, je m’adressais parfois au Messie Promis (as) en utilisant “tum”. »

Un jour, après avoir entendu cela, un Compagnon le prit à part et lui dit :

— Vous êtes le fils du Messie Promis (as) et vous êtes pour nous une personne digne de respect. Mais souvenez-vous que le mot « tum » s’utilise entre égaux, pas envers les aînés. Je ne peux pas accepter qu’il soit employé pour le Messie Promis (as).

Hazrat Musleh Maoud (ra) disait :

« Ce fut la première leçon que j’ai reçue à ce sujet. »

C’est pourquoi il faut toujours utiliser des expressions respectueuses lorsqu’on s’adresse à ses aînés.

Ahmad :
— Masha Allah ! Quelle belle enfance ! Nous avons appris une leçon très importante : il faut toujours respecter les personnes plus âgées. Merci, grand-mère, de nous avoir raconté ces si belles histoires.

Grand-mère :
— Très bien. Maintenant, allez faire vos ablutions. L’heure de la prière approche, et aujourd’hui vous avez aussi votre réunion à la mosquée.

Les enfants :
— D’accord, grand-mère !

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